En période crise ou non, la parole des jeunes doit être entendue

Accueil, écoute, expressions et échanges facilités, accompagnement… un pari et des principes éducatifs

Ces dernières semaines, les Ceméa de Mayotte ont dû adapter leurs actions sur le territoire. Actuellement les Ceméa, les poursuivent, notamment auprès des jeunes ! Avec la tenue d’un BAFA – voir ICI – La permanence du Point Accueil et Écoute Jeunes est restée ouverte chaque jeudi depuis le début du mouvement social à Mayotte. Plus de 30 jeunes, hommes et femmes, venant des quartiers de Kaweni, Majicavo, M’Tsapere, Doujani et Passamainty ont donc pris la parole et partagé leurs sentiments, leurs revendications, leurs idées…

Le jeudi 15 mars, des jeunes de Passamainty ont exprimé leurs inquiétudes, questionnements, points de vue sur la situation actuelle : « Rilemewa nakondro ! », « Allô la France, on est perdus », « Soyons tous unis. Ne jugeons pas que les étrangers mais toute la population », « Manifestons là où on est sûr qu’on aura une réponse ! » : Sentiment d’insécurité, mais aussi d’injustice pour tous les jeunes ne pouvant pas aller à l’école.
Réalisation des jeunes

Voici quelques éléments de ces travaux.

Vous pouvez également lire l’article paru dans le journal de Mayotte le 6 avril

Face à ce besoin de dire et d’échanger, nous avons proposé des journées de formation les mercredis. Plus de 30 jeunes, hommes et femmes, venant des quartiers de Kaweni, Majicavo, M’Tsapere, Doujani et Passamainty ont donc pris la parole et partagé leurs sentiments, leurs revendications, leurs idées.
Débats et créations artistiques ont rythmé la journée : affiches, théâtre et slam ont permis l’expression de ces jeunes entre eux.
Espace de parole


Réalisation des jeunes

Ce qui ressort de ce travail

Actuellement, ces jeunes se sentent : « inquiets », « énervés », « saoulés », « pas en sécurité », « fatigués de parler des mêmes choses », « en colère », « en danger ». Ils dénoncent les violences relayées notamment dans les médias, les discriminations à l’égard des jeunes et des étrangers.

Ils demandent un soutien pour développer des actions d’éducation envers les familles afin de transmettre des valeurs d’«égalité », d’«union », de « paix ».
Sans lieux ou interlocuteurs, ces jeunes se sentaient perdus et isolés face aux évènements : se réunir leur a permis de constater qu’ils partagent les mêmes sentiments, les mêmes questionnements, les mêmes besoins et « ça fait du bien ! ». Ces jeunes ont des propositions et aujourd’hui ils souhaitent faire entendre leurs voix : auprès de la population, des élus, des médias. L’ensemble du groupe est prêt à agir de manière collective et a proposé de créer un vidéo-maton (voir ici) afin de recueillir la parole des jeunes et de la diffuser.
Nous continuerons à les accompagner à prendre leur place dans la société.
Réalisation des jeunes

Le vendredi 23/03 : nous avons mis en place des animations avec les jeunes ambassadeurs des droits auprès des enfants, des jeunes volontaires et des animateurs de Passamainty auprès de plus de 35 enfants et préadolescents (âgés de 2 à 14 ans). Le matin : activités manuelles, jeux, droits des enfants, échanges sur l’actualité. L’après-midi, projection-débat pour les jeunes autour du film « La source des femmes ».
Le 28 mars, nous avons organisé une journée de formation sur la thématique des discriminations : échanges en petits et grand groupes, acrostiches et activités d’expression.
Paroles de jeunes

 

Voici une synthèse des échanges

Discriminations et communautés, en fonction de : départements ou régions, nationalités,  villages,  couleurs de peau, riches/pauvres, élus/citoyens

(→ Accès à l’école ; → Accès au soin ; → Habitat (décasages) ; → Images dégradantes et fausses)… Informations relayées dans les médias et les réseaux sociaux

Conséquences pour toutes et tous

Injustices « tolérées », insécurité, inégalités, maltraitances, problèmes, violences, divisions, fatigue, danger, chômage, vie chère. « On en a marre ! » . Des personnes montrées du doigt, oubliées, incomprises, victimes, des morts. Des enfants en danger.

Solutions

Oser ! ; Éduquer ; Porter plainte
Être considéré, comprendre ceux qui prennent des risques  ; Penser aux jeunes  ; S’unir, chercher des solutions ensemble  ; Dialoguer entre élus et jeunes, connaître leurs problèmes ; Être des « citoyens civilisés »  ; S’appuyer sur les multiples cultures et savoir-faire.
Espace de parole

f90e1b05-fef2-4434-8f45-4830070d3d74 bbcb1a8b-7d7f-485e-b0db-3f4c1e557d3e 4a27bbfd-6365-4e17-864c-698a2abf2a6eLes vendredis nous avons poursuivi, en associant les jeunes volontaires et animateurs de Passamainty, aux animations avec des enfants du village. La médiathèque de Passamainty nous a prêté des livres.

Jeudi 5 avril, les jeunes ont présenté leur production à des invités (responsables et enseignants du collège, direction de la Jeunesse et Sports, PJJ, partenaires éducatifs de la MDA et de la Croix Rouge… ), en présence de Marthadi ALI membre du bureau de l’association Ceméa.

Et le travail continue … car la jeunesse a besoin de nous !

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