Le livre du Village de lettres

Le Samedi 19 janvier, les CEMÉA organisaient une rencontre autour du « Livre du village de lettres » à la bibliothèque de Tsingoni-M’roalé.

Le livre du village de lettre web

Cet ouvrage entièrement réalisé par des enfants de 11 à 13 ans a été écrit dans le cadre  d’une animation menée par l’association au sein de la structure. Ce travail  collectif s’inscrit dans le projet  « Des mots d’émoi » répondant au plan national de lutte contre l’illettrisme.

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Le déroulement de cette activité est présenté dans ce document

Cette rencontre a été suivie par la chaîne de télévision Mayotte 1ère, qui diffusait le soir même dans son JT un reportage sur la démarche de cette animation.

 Version shimaorais

Partant d’une réalisation graphique intitulée « Village de lettres », cette animation fait  le lien entre productions d’écrits et d’images. Cette mise en relation vise à  transformer le rapport entretenu par les enfants avec la lecture et l’écriture.

La fresque du « Village de lettres » propose aux participants de créer des images à  partir de dessin de lettres. Le principe suivant consiste à détourner l’aspect des lettres pour les transformer en éléments d’un village. Cette mécanique de détournement permet de faire sortir ces  lettres du cadre de leur utilisation habituelle. Les lettres prennent vie au sein d’une dynamique globale. Chaque enfant peut laisser s’exprimer son  imaginaire dans le cadre d’une réalisation valorisée par son exposition durable dans un  lieu public. Le « Village de lettres » amène ainsi à mettre en valeur les idées et facilite la projection et l’implication dans l’écriture d’un récit puis dans l’élaboration d’un livre.

Partir d’une création collective constituant un support concret permet de faire entrer plus  facilement le groupe dans une dynamique de projet (étapes – processus – temps). L’envie de faire évoluer une création déjà bien aboutie est le moteur de l’animation. Les moyens engagés pour obtenir un résultat concret à la fin du temps investi constituent une motivation supplémentaire pour ces enfants.

La construction de l’histoire par l’assemblage des parties de la fresque permet de rentrer  dans la narration par l’image et donc d’éliminer les contraintes d’usage de l’écrit. Le  langage visuel amène ainsi à un développement plus intuitif du récit.  L’envie de retranscrire ses idées se développe et l’écriture devient alors un outil  indispensable. Désireux de pouvoir verbaliser ce qui a été imaginé, l’enfant porte un  intérêt accru à l’expression écrite. Nous nous appuyons sur cette étape pour renforcer et augmenter cette capacité d’expression (utilisation d’outils : relecture collective, dictionnaire, livre de conjugaison, informatique, etc.)

L’écriture et la réalisation globale de cet ouvrage entre dans une dimension ludique. Cette dimension est à la fois le socle mais aussi le moteur de cette « envie d’agir ». Cet espace d’expérimentation et de réalisation aide à construire une meilleure confiance en soi et ouvre à de plus grandes considérations dans le rapport aux autres.